Un monde à 7 milliards d'habitants: Relever le défi contre la faim et la pauvreté
Par David Lawson - 03/11/2011
Article écrit par M. David Lawson, Représentant de l’UNFPA en République du Congo
Le monde compte aujourd’hui 7 milliards d’habitants. Il en comptera 10 milliards en 2050 et 15 milliards en 2100. Cette évolution démographique s’accompagne de bouleversements spectaculaires: quatre pays, le Brésil, la Chine, l’Inde et l’Indonésie regroupent à eux seuls 3 milliards d’habitants, soit quarante-trois pour cent de la population mondiale; la révolution des nouvelles technologies de l’information réduit le monde à un village sans que l’on en mesure encore toutes les implications; une crise économique et financière profonde a mis le monde au bord du gouffre; et un vent de liberté, d’indignation et de démocratie est porté par une jeunesse qui représente aujourd’hui près de la moitié de la population mondiale. Il est encore tôt pour tirer des enseignements définitifs de tous ces bouleversements, mais il est évident qu’une communauté de destin régit désormais non seulement les grands équilibres politiques et économiques mondiaux, mais aussi les liens entre tous les habitants de notre planète, bien au-delà des frontières étatiques. Les défis à relever dans un monde qui compte 7 milliards d’habitants sont nombreux : Comment nourrir un milliard d’êtres humains menacés par la faim ? Comment réduire l’extrême pauvreté et les écarts qui existent entre les riches et les pauvres ? Comment assurer l’éducation et la santé pour tous?
© countryoffice.unfpa.org
David Lawson, Représentant de l’UNFPA en République du Congo
L’agriculture pour répondre au défi alimentaire
La croissance démographique pèse sur l’alimentation. L’alimentation constitue un défi majeur et une priorité existentielle pour de nombreuses populations dans le monde. En effet, la production agricole mondiale ne répond pas aux besoins mondiaux: aujourd’hui des famines cycliques ravagent de nombreux pays africains et la vie d’1 milliard d’individus est menacée par la faim. D’après l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation, la FAO, pour nourrir 9 milliards de femmes et d’hommes en 2050, il faudra augmenter la production agricole mondiale de 70%. Les investissements dans l’agriculture sont source de croissance économique, donc d’emplois et de réduction de la pauvreté, y compris en zones péri-urbaines, où les activités agricoles peuvent limiter la paupérisation des populations moins favorisées des agglomérations des pays en développement repoussées à la périphérie par faute de moyens, et favoriser l’auto-suffisance à bas prix dans ces zones.
Les investissements dans l’agriculture, parallèlement à ceux dans les infrastructures, les transports et l’énergie qui doivent les accompagner nécessairement, doivent donc être fortement soutenus par l’Etat, mais aussi par le secteur privé et les populations. Malgré la compétition internationale en matière agricole, de nombreux pays doivent adopter des mesures incitatives et favorables aux investissements agricoles, car les besoins alimentaires seront nombreux et éparses. Au Congo, le potentiel agricole est important et connu. Les efforts du Gouvernement pour une plus grande diversification économique, notamment en matière agricole, avec des perspectives d’intensification sont à saluer et à encourager.
Réduire la pauvreté en investissant dans l’éducation et la santé
Pour les pays moins nantis, des financements publics et une aide au développement adéquats doivent permettre de relever les défis d’un monde en pleine croissance démographique. Lors de la réunion du G8 de Gleneagles, au Canada, en 2009, les grands argentiers de la planète avaient décidé l’augmentation de leur aide aux pays pauvres, y compris un doublement de l’aide au développement à l’Afrique. Mais la crise économique et financière internationale actuelle a limité ces ambitions.
Parallèlement, dans ce domaine aussi, le monde a bien changé. Malgré une richesse mondiale foisonnante, 1,5 milliards d’individus vivent avec moins d’une dollar américain par jour, soit 500 francs CFA et l’écart entre riches et pauvres se creuse partout. La pauvreté n’est plus l’apanage des pays les plus moins avancés : les deux tiers des personnes les plus pauvres de la planète qui vivent avec moins d’1,25 dollars américains vivent en effet dans des pays à revenu intermédiaire, qui sont devenus eux-mêmes des bailleurs de fonds contributeurs de l’aide au développement.
Sait-on ainsi, par exemple, que la Guinée équatoriale est un bailleur de fonds important du développement africain? Sait-on que l’Inde va se doter d’une Agence de Coopération au développement qui disposera de quelque 11 milliards de dollars américains, soit 5,500 milliards de francs CFA, pour les cinq prochaines années. L’Inde rejoindra ainsi l’Afrique du Sud, le Brésil ou la Chine, au nombre des pays émergents désormais contributeurs de l’aide au développement à part entière.
© journaldebrazza.com
David Lawson: "L’agriculture pour répondre au défi alimentaire"
La Chine est aujourd’hui la principale source d’investissements en Afrique. D’après l’hebdomadaire britannique The Economist, la contribution financière du Gouvernement brésilien à la famine en Somalie est supérieure à celles cumulées de l’Allemagne, la France et l’Italie. Enfin les acteurs de la société civile sont désormais aussi partie intégrante de l’aide au développement ; ainsi par exemple, la contribution financière de la Fondation Bill et Melinda Gates est équivalente à celle de certains Etats.
La République du Congo compte au nombre des pays à revenu intermédiaire elle-même, et bénéficie en 2011, comme en 2010, d’un taux de croissance exceptionnel compte tenu de la conjoncture internationale. Comme le rappelle le Fonds Monétaire International, il s’agit d’une opportunité majeure de réduire le taux de pauvreté au Congo, estimé à cinquante pour cent de la population en 2005, en investissant massivement et maintenant dans l’éducation et la santé notamment.
A ce titre, la volonté du Gouvernement de faire de la santé l’une des principales priorités de la loi de finances 2012 doit être saluée, avec 8% du budget de l’Etat dédié à la santé, avec la perspective, à moyen terme, d’atteindre l’engagement pris par les Chefs d’Etat et de Gouvernement africains à Abuja, au Nigéria, en 2001, de dédier au moins 15% du budget de l’Etat au secteur de la santé. L’opportunité est là et les populations attendent certainement de leurs parlementaires qu’ils veillent à une santé de qualité abordable pour tous, en s’assurant du vote et de l’exécution effective d’un projet de loi de finances protecteur d’investissements sociaux significatifs.
Dans notre monde à 7 milliards d’habitants en mouvement, il ne fait aucun doute que les décideurs de ce monde, à tous les niveaux, en phase avec les besoins des populations, doivent faire preuve de courage politique, de vision, d’innovation et d’ambition, et sans doute aussi… d’audace. Le Fonds des Nations Unies pour la population sera toujours prêt à accompagner les efforts du Gouvernement congolais, de la société civile et des populations sur cette voie… pour un monde meilleur.
POLITIQUE
- Afrique centrale/Faune: voici les recommandations de la COMIFAC
- Malabo: Obiang Nguema échange avec des journalistes africains
- UPADS: les vice-présidents rejettent la décision de Pascal Gamassa
- Congo: le Sénat présente le compte rendu de sa 32ème session
- Brazzaville: des cadres de l’UPADS frappés de sanctions disciplinaires
- Tara Sonenshine: «Il n’y a pas de liberté de presse sans organisations de journalistes fortes»
SPORTS
- Congo: la 16e Journée du championnat national débute ce 17 mai
- Prix Marc Vivien Foé: Aubameyang lauréat!
- Coupe Caf: AC Léopards continue, Diables noirs stoppé net!
- Brazzaville: un appel pour soutenir diables rouges seniors
- Coupes CAF: 8e de finale retour des compétitions de clubs ce weekend
- Championnat national: le programme de la 9eme journée est connu
ECONOMIE & BUSINESS
- Une mission du FMI a achevé les consultations sur l’article IV avec le Congo
- Pointe-Noire: la guerre contre la hausse des prix des boissons est déclarée!
- Le Congo fait un pas vers la transparence
- ITIE: les pays d’Afrique centrale invités à s’inspirer du leadership congolais
- TELECOM: le Congo lance son premier point d’échange internet
- Brazzaville: Congo Telecom lance le système Triplay
DOSSIERS
- La nouvelle composition de l’Assemblée nationale
- Législatives: Les femmes sous représentées à l’Assemblée Nationale
- Législatives au Congo: Le PCT obtient la majorité absolue
- Législatives 2012: Le tour de quelques circonscriptions électorales (II)
- Législatives 2012: Le tour de quelques circonscriptions électorales (I)
- Législatives: Les congolais ont voté pour le second tour
Culture & Loisirs
- L’orchestre Extra Musica va fêter ses 20 ans de musique
- Le Poète Lutumba Simaro à l’image du style dit «Lolaka» et de sa diversité
- Paul Kamba : le «Père» de la musique congolaise moderne
- Antoine Moundanda : l’homme de « Nzila ya Ndolo»
- Nouvelle: Cernes 2, (…) Mon heure approche. Bientôt, je serai morte...
- TCHIMBAMBA PN 242: la suite du récit sur Journaldebrazza
Société
- Brazzaville: un atelier sur la lutte contre les changements climatiques
- Brazzaville: des journalistes à l’école de l’édition et de l’infographie
- Congo: les cours ont bien repris à Pointe-Noire et dans le Kouilou
- Brazzaville: la fondation Ikia Sassou a vu le jour à Talangaï
- Bouenza: plus de 7 millions de FCFA volés à la recette municipale de Nkayi
- Municipalisation accélérée des plateaux: la fiche technique des réalisations
Débats & Opinions
- Brazzaville: une affaire de trafic d’armes qui pourrait provoquer un séisme politique
- Autodissolution du Cadd-Mj: D. Sassou Nguesso a mis un terme à la confusion
- Appel au réveil de la Jeunesse africaine
- Faut-il modifier ou changer la constitution du 20 janvier 2002?
- Tous ensemble contre les violences faites aux femmes
- Congo-Brazzaville: la mystérieuse disparition d'un ingénieur Camerounais
Personnalités
- Aline Tacite: «Boucles d’Ebène offre à la communauté afro-caribéenne plus de visibilité»
- Le Festival «Bana Brazza»: tout sur la place centrale de la Mère
- Dagoson: un diamant brut taillé dans la pierre de la Rumba congolaise!
- Devoir de mémoire: au secours villes de Sibiti et de Bandaka!
- UPADS: entretien avec Joseph Ouabari Mariotti...
- Nécrologie: le directeur général de la sécurité présidentielle est décédé

